Accessoires pour Brompton

Posted by on Oct 10, 2015

Le premier beau vélo que j’ai jamais acheté est un vélo pliant anglais : un Brompton. J’en ai déjà parlé quelques fois.

Brompton_Fold_Home

La caractéristique fondamentale du Brompton, c’est son pliage. Même après plusieurs années à le plier et le déplier quotidiennement, je continue à penser qu’il y a là quelque chose qui relève de la sorcellerie : on passe en quelques secondes d’un vélo confortable et efficace à un petit paquet compact et stable, de la taille d’une roue de voiture, qu’on peut manipuler sans qu’il ne se déplie ni se salir, qu’on peut tirer ou pousser ou même utiliser comme chariot. C’est chaque fois un émerveillement.

Mais ce pliage si merveilleusement satisfaisant est aussi une malédiction. Par contraste, on est constamment déçu que les autres caractéristiques du vélo ne soient pas à la hauteur : grips en mousse pourrie, poignées de frein foireuses, etc. C’est de là que naît chez les possesseurs de Brompton la tentation permanente de modifier leur vélo, de remplacer des pièces et des équipements ou de lui rajouter des gadgets.

Il existe donc une profusion de vendeurs d’upgrades et d’accessoires divers et variés qui vivent de l’insatisfaction (un peu puérile, il faut bien l’avouer) des possesseurs de Brompton, et ce d’autant plus facilement qu’une fois qu’on a acheté un vélo à plus de 1000 euros, on ne rechigne pas longtemps à en lâcher 50 de plus pour une babiole.

Aujourd’hui, je voulais vous montrer comment j’ai équipé mon propre Brompton, après de longues heures à parcourir mailing-lists et forums spécialisés puis à commander des pièces au Japon, en Espagne, à Singapour, en Angleterre, à Hong Kong ou en Corée du Sud.

(Une précision : quand on équipe un vélo – a fortiori un vélo pliant, qui représente par définition un compromis – on peut chercher la vitesse, le confort ou la classe. En bossant beaucoup on peut en avoir deux sur les trois, mais c’est le maximum. Pour ma part j’essaie d’avoir un vélo joli et surtout confortable, adapté à mon usage – des trajets quotidiens jusqu’à 25 km sur routes de campagne, par tous les temps, de jour comme de nuit. Il ne sera donc pas question ici de la vaste quantité de pièces en titane ou en carbone destinées à alléger le Brompton. Si c’est ce qui vous intéresse, je vous conseille de vous tourner vers les forums spécialisés, vous y verrez des machines extraordinaires – il y a des types qui descendent vers les 8kg sous les 6,5 kg. Pour ce qui me concerne, il me semble que mon énergie est mieux employée à me débarrasser de mes propres kilos en trop, si vraiment je veux aller plus vite.)

Pédalier

Par défaut, le Brompton est équipé d’un pédalier 50 dents. On peut descendre à 44 si on habite en montagne ou monter à 54 si on veut aller plus vite. J’ai choisi cette dernière option – c’est plat, chez moi. Beaucoup de gens utilisent des pédaliers d’autres marques, pour ma part les options officielles suffisaient et ça m’évitait les problèmes de compatibilité (le Brompton, c’est le Mac du vélo).

Le problème c’est l’espèce de protection de chaîne en plastique des pédaliers officiels : elle est fragile et se tord, voire tombe beaucoup trop facilement pour mon goût. J’ai fini par commander une protection en aluminium bien plus résistante, mieux fixée et plus jolie, ce qui ne gâche rien.

Depuis 2013, les Brompton sont équipés de nouveaux pédaliers apparemment mieux, mais je ne les ai jamais testés.

Selle

J’ai mis une Brooks Swallow plutôt que la traditionnelle B17. Même si je la trouve confortable, je dois avouer que le choix a surtout été dicté par des considérations esthétiques. Je regrette un peu de ne pas avoir choisi quelque chose de plus solide. Elle est super fragile, à la moindre goutte de pluie je dois sortir la housse.

J’ai aussi mis les grips assortis. Même constat : jolis, assez confortables, terriblement fragiles.

Sac de selle

Un sac de selle, c’est très pratique pour transporter les choses qu’on veut toujours avoir sur son vélo, par exemple les outils et le matériel en cas de crevaison.

Au début j’avais acheté un Carradice Nelson, qui était légèrement trop grand : il débordait à gauche lorsque le vélo était plié et gênait un peu la sortie du tube de selle au dépliage. Je me suis rabattu sur le Cape Roll. C’est un peu moins spacieux mais j’y rentre tout de même l’essentiel : petits outils, guêtres et jambières imperméables, câble USB pour mon téléphone, une sangle, et une toute petite housse.

Housse

Achetée sur eBay à un vendeur hong-kongais, cette petite housse permet de faire l’une des expériences communes à pratiquement tous les possesseurs de Brompton : un petit chef quelconque refuse de nous laisser entrer quelque part avec le vélo plié. On ne dit rien, on ressort, on emballe le Brompton dans sa housse, on rentre à nouveau. Et hop.

Sac

J’ai d’abord eu le T Bag, qui est très grand et bien conçu mais a l’inconvénient de ne pas être imperméable – il faut lui mettre une espèce de housse de pluie à la moindre averse. Vu les hivers qu’on connaît par chez moi, j’ai vite compris que ça n’allait pas être tenable.

J’ai hésité à acheter un Carradice assorti à mon sac de selle, mais il me semblait plus joli que pratique. Finalement, j’ai donc opté pour la sacoche Ortlieb. Elle est parfaitement imperméable et assez spacieuse. En feintant un peu, on peut même augmenter considérablement sa contenance pour peu qu’on ne roule pas sous une pluie battante : j’ai bricolé deux petites sangles qui permettent de plier le rabat beaucoup plus haut qu’à l’origine, si nécessaire.

J’ai vu plein de nouveaux sacs pour le Brompton ces derniers mois dans les vélocistes chics de Paris, je ne sais pas ce qu’ils valent.

Charnières

Les charnières sont l’un des éléments les plus importants du pliage du Brompton. Elles permettent d’assembler rapidement et solidement les trois parties du cadre. Leurs attaches sont avant tout conçues pour ne jamais pouvoir se dévisser accidentellement, au prix d’une maniabilité pas toujours optimale. Beaucoup de fabricants de pièces de Brompton proposent donc des designs alternatifs.

hinges

J’ai choisi celles de Bromfication, les plus anciennes. Leur design est très supérieur à celui des charnières d’origine : les étriers sont plus longs d’un côté que de l’autre ce qui les empêche de pivoter quand le vélo est plié. Un petit ressort facilite le desserrage, alors que mes premières charnières se coinçaient parfois. Je trouve aussi leur manette plus pratique et plus jolie que celle d’origine. Et si vraiment vous voulez gagner 10 grammes, elles existent en version titane.

Pédales

Les pédales d’origine du Brompton sont très pratiques (la pédale gauche se plie instantanément) mais elles sont insatisfaisantes pour les longs trajets – elles couinent, font cheap, et surtout la gauche est plus petite que la droite (ça va mieux depuis les modèles 2013 mais quand même). La solution généralement préconisée est de mettre des pédales amovibles MKS : on perd un peu de temps au pliage, mais le confort est incomparable.

Le problème : que faire de la pédale de gauche une fois qu’on l’a retirée ? J’ai fini par dénicher en Corée du Sud un petit support aimanté qui se fixe sur le cadre et permet de ranger la pédale quand on ne s’en sert pas. Avec deux aimants extra forts en plus elle ne bouge pas d’un poil. C’est un peu du bricolage mais ça marche.

Antivol

L’autre malédiction du pliage du Brompton, c’est qu’on se trouve à le traîner partout, de peur de se le faire voler – au bar, au supermarché, etc. Mais il reste des fois où on doit se résoudre à le laisser dans la rue, et là il faut bien un antivol.

Beaucoup de gens ont des antivols plats de type Abus Bordo, qui ne m’inspirent guère confiance. Je voulais un antivol en U court que je pourrais laisser sur le vélo en permanence. J’ai finalement opté pour un Abus Granit Futura. Par miracle, il vient se loger à gauche du cadre et repose sur le boîtier de pédalier sans gêner ni le pliage, ni le pédalage.

Lumières

Les éclairages à piles fournis avec le Brompton sont suffisants pour être visible en ville, mais ils n’éclairent pas grand chose, et il y a toujours un risque de tomber en rade de piles. Je voulais donc une dynamo pour le moyeu de la roue avant. Brompton vend deux kits : un pas trop cher avec dynamo Shimano et lampe avant halogène, et un hors de prix avec dynamo SON et lampe à LED.

Aucune des deux options ne me satisfaisait donc j’ai fait monter par SJSCycles une roue avant avec une dynamo SuperNova, qui est d’une qualité quasi équivalente à la SON pour pratiquement la moitié du prix.

Pour l’avant, j’ai acheté une lampe Axa LUXX 70 à LED. Elle n’est pas très chère, éclaire très loin et permet de rouler en pleine nuit en sécurité. Elle dispose également d’un port USB pour recharger son téléphone quand on roule. C’est un peu gadget mais ça dépanne. La lampe ne respire pas la solidité mais elle tient bon depuis deux ans, malgré tout ce qui je lui ai fait subir.

Pour l’arrière, j’utilise le feu des kits officiels, qui remplit très bien son office.

Rétroviseur

J’aime savoir si les voitures qui arrivent derrière moi vont me frôler ou non, et j’ai donc besoin d’un rétroviseur. J’ai installé un petit Zefal Spin qui se replie sous la poignée quand je range le vélo. C’est très suffisant. Par contre, si le vélo tombe, le rétroviseur casse. J’en suis à mon sixième en deux ans. Maintenant je les achète par deux.

Leviers de frein

Jusqu’à la version 2012, les leviers de frein Brompton étaient franchement pourris – cheap, mous, fragiles, moches, il était inconcevable de laisser ça sur mon vélo. Sur la base de conseils lus je ne sais plus où, j’ai choisi des Shimano BL-R550, qui leurs sont très supérieurs sur tous les points. Il paraît que les nouveaux leviers officiels sont mieux, je ne les ai pas encore essayés.

Transporter ses enfants

Pere et Brian, chez Milian Parts

La charge utile maximale du Brompton est de 110kg, ce qui laisse largement de quoi transporter un enfant, en théorie. C’est en pratique que les choses se gâtent : vue la taille des roues, le porte-bagages est trop bas pour y mettre un petit siège, et les autres solutions habituelles empêcheraient le vélo de se plier normalement. Inacceptable. Il faut des pièces spéciales.

Pour les enfants de 6 mois à 3 ans, la première solution est un adaptateur permettant de fixer un Bobike Mini au guidon. Il est légèrement déporté vers l’arrière, ce qui permet de plier le Brompton en le laissant monté. Je le recommande chaudement, j’ai fait des promenades formidables avec mes enfants.

La suite, quand les enfants grandissent, c’est la rolls des accessoires à Brompton : le IT Chair. C’est une barre qui relie la tige de selle au tube principal et qui permet de fixer une petite selle entre la vôtre et le guidon. C’est atrocement cher pour un bout d’acier mais ça marche parfaitement et, là encore, on peut toujours plier son vélo avec. Le plaisir d’aller prendre le train avec mon gosse et de remonter à vélo sitôt arrivé fait que je ne regrette pas mon achat.

Dans les deux cas, il n’est pas inutile d’installer la X-bar, un accessoire qui sert normalement à solidifier le guidon du Brompton : ça permet aux enfants de poser leurs mains ailleurs que sur les manettes de vitesse.

Et voilà. J’ai l’impression d’avoir révélé mes plus noirs secrets.

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