
La version courte
NO ΛΟΓΟΣ est le site de Martin Lafréchoux.
Il centralise mes projets personnels (Manual), professionnels (Semi Auto) et universitaires (Full Auto).

La version longue
A l’origine, NO ΛΟΓΟΣ était un blog à vocation critique, littéraire et satirique.
De 2002 à 2010, ses heureux lecteurs se sont régalés à intervalles élastiques d’horribles vérités, de créations sonores, de bandes dessinées expérimentales, de grands reportages, de chroniques adolescentes, de collages textuels, de collections d’images inquiétantes, et de calembours scandaleux.
Au fil des années, NO ΛΟΓΟΣ a pris plusieurs formes et accueilli le travail d’autres personnes, parallèlement à mes propres textes. Chaque saison est conçue comme un projet complet, une expérimentation graphique, textuelle et dans le rapport au lecteur.

Pas de capture d’écran. Je cherche encore.
V1 : Bocal
Contenu
Le projet de départ était typique du début des blogs en France : pas de ligne éditoriale identifiable, un joyeux mélange de supports et de genres, aux antipodes des tumblrs single-topic d’aujourd’hui. Les modes changent.
Dans les premiers mois, j’ai traduit en français un texte américain hilarant sur l’apprentissage du japonais, et la popularité de cette traduction conférait au site un PageRank anormalement élevé, qui entraînait à son tour l’arrivée régulière d’un nombre disproportionné de visiteurs.
Les internautes affluaient et ils étaient perdus. Aucune explication n’était donnée, nulle part, sur rien. Le lecteur devait arriver in medias res, sans rien d’autre auquel se raccrocher que le texte.
Design
Très peu de modifications par rapport au thème de base de WordPress : seulement une bannière un peu hétéroclite en haut de page, où un clavier de ZX Spectrum évoque un passé indéfini. On notera aussi la présence d’un poisson rouge dans son bocal, rescapé de mes projets d’adolescent.
Ergonomie
Les commentaires étaient ouverts, sans modération d’aucune sorte. L’incertitude, la fausse modestie et les précautions de langue y étaient impitoyablement moquées. Les querelles devaient se régler en public, dans des joutes rhétoriques souvent longues et parfois violentes. En théorie, tout cela était fabuleusement nietzschéen et chevaleresque.
En pratique, l’ambiance qui régnait dans les commentaires était celle d’un bar de supporters. On n’aimait pas les nouveaux, mais ils constituaient un bon prétexte à se foutre sur la gueule. S’ils restaient suffisamment longtemps à se prendre des coups sans broncher, ils étaient adoptés.


1. Si vous me lisiez à l’époque : pardon. J’en avais besoin.
2. Je crois qu’il ne s’est jamais senti vraiment à l’aise, et c’est dommage parce que quand le dialogue entre nos textes fonctionnait, c’était infiniment supérieur à ce que j’aurais produit seul.
V2 : Déco
A un moment, je me suis lassé de la foire d’empoigne et de l’ambiance de caserne. J’avais découvert d’autres blogs, notamment celui de Cramoisi, qui m’avait donné envie de pousser plus loin les expérimentations sur le rapport auteur / narrateur / lecteur.
Contenu
Mes textes sont devenus difficiles : très courts et arides, presque hermétiques.1 Pour compenser, NO ΛΟΓΟΣ accueillait son premier co-auteur, Nils Sink. J’admirais profondément son indépendance d’esprit et sa puissance rhétorique, et je me désolais de le voir mettre rapidement hors ligne tous les sites qu’il créait. Il avait accepté de venir poster, essentiellement pour me faire plaisir.2
Design
A l’époque, les CMS progressaient à un rythme effréné, il y avait des plug-ins pour tout et je les voulais tous. Pendant près de deux ans, NO ΛΟΓΟΣ a donc fonctionné avec une version alpha de WordPress qui tenait au scotch toilé et s’effondrait à la moindre tentative d’update. A la fin, je faisais le flux RSS à la main dans un éditeur de texte pour intégrer des éléments extérieurs (j’entassais tous les PDF que je trouvais intéressants sur http://no.logos.free.fr/, par exemple).
Le template est basé sur la toute première version de ce qui deviendrait finalement le thème par défaut de WordPress, Kubrick. Il évoque l’art nouveau, en utilisant essentiellement la typographie.
Ergonomie
La première mesure salutaire a consisté en un déréférencement Google complet. Fini les abrutis débarqués par accident. Fini aussi le PageRank de fou. Tant pis.
L’interaction avec le lecteur a beaucoup régressé, en parallèle : j’ai éliminé méthodiquement tous les aspects user-friendly, au premier rang desquels les commentaires. Je voulais essayer d’aboutir au minimum vital en matière de navigabilité. Consulter les archives est devenu un calvaire (c’est de ce temps que date la navigation « post par post » sur NO ΛΟΓΟΣ).3
V3 : Gothic
La traversée du désert aura duré un peu moins de deux ans.
Design
Le travail entrepris sur l’identité visuelle de la revue Kactus m’avait donné le goût du minimalisme et de la typographie. Le thème reflète bien ces préoccupations : N&B pur, pratiquement aucun élément structurant, et des typos énormes, écrasantes. « Le texte le texte le texte ! », criait-il.
Textes
Les textes, justement. L’idée était d’opérer une honnête synthèse. M’autoriser à nouveau à divertir, comme au début, tout en tirant les leçons des expérimentations de la version précédente. Essayer de plaire, à nouveau, en faisant de mon mieux : honnête, donc.
Notons aussi que c’est au cours de cette saison que ma passion pour les citations non attribuées a commencé de se manifester.
Ergonomie
Je voulais retrouver le contact avec les lecteurs, mais le souvenir des arguties incessantes de la V1 était encore vif. La solution que j’ai finalement choisie était bâtarde : les gens pouvaient laisser des commentaires, mais le nom qui s’affichait n’était pas le leur. Ce nom étaient pris au hasard dans un liste de pseudonymes crétins, et changeait à chaque chargement de la page. Seul mon pseudo échappait à la randomisation. En pratique, cela rendait extrêmement difficile toute discussion entre lecteurs ; ils ne pouvaient s’adresser qu’à moi ou à la cantonade.
Parallèlement, la navigation est restée volontairement laborieuse : pas d’archives mensuelles, il fallait se débrouiller avec des flèches ‘avant’ / ‘après’ sous chaque post.


Pas de capture d’écran en grand format pour l’instant. Je cherche encore.
V4 : Factor Y
Design
Le thème emprunte beaucoup au graphisme suisse des années 50 — le logo, notamment.
Le bas de la page est occupé par la silhouette d’une ville industrielle, inspirée des tableaux de De Chirico. Les textes passent en Courier pour assurer la cohérence de l’ensemble.
En réintroduisant quelques éléments graphiques, même pratiquement abstraits, je voulais signifier le retour d’une certaine variété des textes et des contenus.
Textes
Les textes de cette saison parlaient essentiellement de littérature, de l’auteur, et plus généralement de la guerre sans merci entre l’art et la critique.
Malgré tout, on peut sentir comme un réchauffement : il y a plus de blagues, plus d’éléments visuels.
Ergonomie
Là encore, un certain relâchement : les commentaires restent randomisés, mais une page « Archives » fait son apparition.
Quel luxe, c’est obscène.
V5 : Régression
Design
Ce template évoque les vieilles photocopieuses qui salopaient tout, et plus généralement les stigmates de la numérisation.
En haut de page trône, obèse, le sublime monogramme nλ réalisé par Brahim Pieto, d’après ceux des artisans de l’atelier Viennois. Les typographies utilisées évoquent ces mêmes années 20-30 : tous les éléments de titrage sont réalisés avec Akzidenz Grotesk, en signe de tête à Dada.
L’image finalement produite est celle des supports transformés par le temps, maltraités par les changements d’état (photocopie, scan, fax, etc.) qu’on leur fait subir.
Textes
Mes textes ne changent plus guère. J’ai trouvé le style qui me convient, la bonne distance. J’essaie simplement d’améliorer leur qualité.
Ce qui change, par contre, c’est que je ne suis plus seul. François Gaertner, dit Roger Nuisance, fournit pratiquement la moitié du contenu, apportant avec lui le vent de la révolte, un cynisme salutaire et quantité de panache. Mieux, il est suivi d’une armée de guests plus excellents les uns que les autres : pour ne citer qu’eux, Alex Jestaire livre récits post-gonzo et autres méchancetés inavouables, et l’insaisissable Caine nous régale de ses longs textes sur le Japon et les situationnistes.
Ergonomie
Je consens à quelques sacrifices pour contrebalancer la régression visuelle : c’est le retour des archives mensuelles, et une blog-roll fait son apparition en bas.
Pour les commentaires, on va un cran plus loin qu’à la saison précédente : cette fois, un pseudo ridicule est attribué arbitrairement à chaque nouveau visiteur qui laisse un commentaire. Il retrouvera ce même pseudo local à son prochain commentaire. Chacun dispose donc d’une identité locale, circonscrite à NO ΛΟΓΟΣ. De cette manière, les identités réelles ou online, les inimitiés préalables, le contenu des blogs d’autres gens, etc. n’interfèrent pas avec la discussion.
V6 : Digression
Design
Digression est un thème temporaire, minimaliste à tout point de vue, structuré autour d’une feuille de papier. Les autres éléments visuels sont ostensiblement faits main : les quatre pictogrammes sont dessinés à la plume, et le logo bave de partout. L’ensemble est photocopié, mais cette fois-ci en niveaux de gris.
On retrouve un certain nombre d’éléments dans le blog actuel.
Textes
La colonne est très étroite, ce qui oblige à se limiter, pour des questions de confort, à des posts simples, courts, ou très fragmentés.
Ergonomie
On revient à de l’austère / minimaliste. C’est une période de transition, une petite parenthèse nécessaire à me remettre en jambes.
V7 : Automatic
Design
L’idée était d’introduire mes obsessions (noir et blanc pur, papier, typographie très présente, artefacts de compression, etc) dans du webdesign résolument moderne.
La nouvelle structure du site est nettement plus complexe que lors des incarnations précédentes, et je me suis donc résolu à utiliser des éléments graphiques pour rendre les choses plus lisibles.
Les trois domaines sont représentés par des pictogrammes fonctionnant par trois : cerf-volant -> dirigeable -> concorde ; voilier -> bateau à aube -> paquebot ; Bic -> machine à écrire -> photocopieuse. Etc. Ainsi, par analogie, on comprend plus facilement la logique d’organisation du site qu’en ayant seulement recours à du texte.
Ergonomie
Le travail a été très différent de ce dont j’avais l’habitude. Pour une fois, il s’agissait de faciliter les choses. J’ai essayé de faire simple, lisible, et clair. Pour éviter au maximum les problèmes de compatibilité, j’ai utilisé comme base un thème professionnel, Europa.
Oh, et : pour la première fois depuis 2002, sur le blog, les commentaires sont ouverts sans restriction aucune. Soyons adultes.
Textes
Les choses ont changé en profondeur. J’ai décidé de faire de NO ΛΟΓΟΣ le centre de toutes mes activités, de tous mes projets, qu’ils soient personnels, professionnels ou universitaires. On y trouvera donc désormais des choses complètement nouvelles (des slides de présentation), en plus de ce qui y avait toujours eu sa place.
Je suis à nouveau seul, pour l’instant. On verra si ça continue






