[Note : Les photographies qui illustrent ces notes ont toutes été prises à Osaka. Le voyageur égaré n’y a passé que deux jours. Il tenait néanmoins à célébrer la beauté particulière de cette cité.]

Remarques éparpillées pour la nouvelle année

Commençons par les banalités.

Avant le tourisme, il y avait le voyage, l’aventure, la conquête, la fuite : l’homme risquait quelque chose. Avant la redécouverte de l’Amérique et de quelques autres terres, il y avait l’inconnu, le bout du monde, les monstres : le risque couru par l’homme était étonnant. Ceci, vous le savez aussi bien que moi, a été balayé historiquement par la connaissance totale du monde. Ceci est d’ailleurs en voie d’anéantissement total - en même temps que l’humanité - par l’humanité elle-même et par sa « maîtrise » non maîtrisée.

Continuons avec les banalités. Ce sont les plus digestives après le foie gras, ou l’équivalent bio du foie gras (si vous êtes moderne, donc concerné, et par ailleurs déçu par Copenhague).
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La vraie vie

Actualité culturelle

par Roger Nuisance

Roman Polanski attend toujours son extradition.

Alcools

Le club

par Général Spinoza

J'ai arrêté de fumer. La dernière fois, vous vous en souvenez peut-être, c'était il y a trois ou quatre ans et j'avais fait tout un cinéma.

J'avais parlé de rites et de symboles, du temps qui passe malgré nous et de ma déception intime de ne pas être plus fort que tout ça. On pourrait broder longtemps, mais le fond était là : je me morfondais parce que j'avais l'impression d'abandonner l'adolescent que j'avais été, sans avoir pu lui dire un adieu suffisant. La vérité, c'est que la jeunesse m'avait alors quitté depuis un certain temps déjà, mais que j'étais trop borné pour le reconnaître.

J'ai arrêté de fumer et ça ne m'a rien coûté. Ca ne m'a rien enlevé. Tout à l'heure dans le RER, ce n'est pas le tabagisme qui me séparait de la troupe d'adolescents sur-lookés venus s'installer tout autour de moi, quelque part vers Levallois - je ne sais pas ce que c'était exactement, d'ailleurs 1 - bref, ils ont réussi à m'émouvoir plus qu'à m'énerver, ce qui n'était pas gagné d'avance.

J'ai souri dans mon coin en écoutant leurs maladresses, l'air très concentré sur mon mahjong 2, j'ai apprécié en connaisseur leurs tentatives désespérées, et inabouties, pour avoir l'air cool, j'ai silencieusement accordé quelques bons points à ceux dont la rhétorique semblait la plus prometteuse - c'était amusant parce qu'en toute chose, ils doutaient. Ils se demandaient s'ils faisaient trop de bruit ou pas, s'ils avaient été drôles ou non, s'ils se plaisaient ou non, s'ils étaient amis ou non, ils hésitaient à dire mais savaient bien qu'il fallait y aller quand même. J'ai été touché, je crois, de les voir ainsi se mesurer au monde.

Je fumais avec toujours le secret espoir que le goût me rappellerait comment c'était, je veux dire avant, au début, quand la vie a commencé. Avec leurs tronches de petits péteux, leurs fringues coordonnées et leurs histoires du voyage de classe à Venise3, ces gamins m'ont mieux parlé de l'adolescence que dix ans de clopes.

  1. Si, un peu, quand même : l'âge, le fait d'être un provincial, la calvitie qui bientôt ne se contentera plus d'être naissante, j'en passe.
  2. Je crois que j'ai même marmonné un "Tsumo !", à un moment, pour faire plus vrai.
  3. Eh oui, même à 16 ans, on ressasse déjà les vieilles heures de gloire plutôt que de s'atteler à en faire de nouvelles.

Bah je sais pas, moi, mec. Tu m'avais promis plein de textes mirifiques, avant d'être interrompu par ta délocalisation - d'ailleurs il faudrait que tu finisses celui sur Paris, au moins, avant d'avoir complètement oublié à quoi ça ressemble.

De mon côté, j'ai écrit un long truc sur un auteur de théâtre contemporain, mais ça tombe un peu à l'eau - je n'ai pas eu le temps d'aller voir son spectacle, finalement - et puis bon, je n'ai pas le coeur à l'attaquer. Il est nul, aucun doute là dessus ; il m'a déçu horriblement, c'est un fait ; il soutient de toute sa (faible) verve le diktat de la bonne humeur, oui. Et pour autant, inexplicablement, je n'arrive pas à m'énerver. J'ai beau m'acharner, c'est plat. Bref.

L'ennui, c'est qu'on n'a plus guère de sortie de secours. La réserve de captures baisse dangereusement et je doute que tu en refasses, maintenant que tu n'y es plus contraint (tiens d'ailleurs - Google Blum, ça lui dit toujours de venir poster chez nous ? On aurait bien besoin d'une main secourable, là). J'ai plongé le nez dans les vieilles bases de données archivées, et décidément je ne peux rien remettre de tout ça en ligne. C'est chiant à pleurer, mal fait, pas relu. Reprendre les idées pour en refaire de nouveaux posts ne m'intéresse pas non plus, sauf peut-être l'histoire des critères de connerie, là. En tout cas on n'a rien sous le coude, va falloir marner.

Par ailleurs, j'y pense, ça fait quand même un moment qu'on n'a pas eu de nouvelles de nos divers guests. Ils sont fâchés ? C'en est où, l'histoire du roman qui s'écroule sur lui-même, là ?

La vérité c'est que je me dis : je suis décidément plus doué comme rédac' chef que comme auteur. Parallèlement, il y a plein de blogueurs cool qui ferment, en ce moment. Ajoutons à cela que j'ai pu vérifier moi-même que les bons blogueurs sont généralement meilleurs que la moyenne des écrivaillons publiés, pour peu qu'on leur en demande plus que ce qu'ils ont l'habitude d'attendre d'eux-mêmes - bref, est-ce qu'on ne pourrait pas essayer de fédérer un peu les efforts, les ambitions déçues et le talent de tout ce petit monde ?
Toujours du même point de vue, je dois voir le reste du team Kactus dimanche soir, pour parler du projet ******* *****. Ce serait peut-être l'occasion de réfléchir, un peu, à ce qu'on va faire de no logos en 2010, non ?

Allez, reste cool.

GS.

Le 08 décembre 2009 15:38, ******** ******** <********@gmail.com> a écrit :
>
> C'est quand même navrant : pour une fois qu'on fait 200 visiteurs
> humains plus de deux jours d'affilée, on n'est pas capables de
> capitaliser pour enfin connaître gloire, succès, esclaves en smoking
> et femmes offertes.
>
> Si je ne passais pas l'essentiel de mes journées à siffler des ti'punch
> au bord de ma piscine, je peux te dire que je trouverais ça tout à
> fait désolant.
>
> Roger

Réforme de l’éducation : le lycée s'adapte aux moeurs du 21e siècle.


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